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René Frégni

« Écrire c’est souffler sur tout ce qui est vivant, c’est embraser le moindre signe de vie, entendre dans le silence, la voix secrète des choses. Inventer un visage à tout ce qu’on ne voit pas. »

livres

René Frégni grandit à Marseille dans les quartiers populaires. Il quitte définitivement toute scolarité en classe de troisième et travaille avec son père comme peintre en bâtiment. A 19 ans, cette vie ne l’intéresse pas, il préfère voyager en Europe et part à l’étranger en dépit de sa convocation au service militaire, ce qui lui vaudra une condamnation pour désertion.
La prison militaire est un lieu d’inspiration pour lui : il passe ses journées d’incarcération à lire et à écrire. Il se rend compte que lire est un voyage et écrit ses premiers poèmes. Il découvre les œuvres majeures de la littérature française : Giono, Céline, Camus et Flaubert. Par la suite, il travaille durant dix ans en tant qu’aide-soignant, puis infirmier dans un hôpital psychiatrique de Marseille. Passionné d’écriture, il rédige chaque jour le journal de bord de l’hôpital. C’est en rédigeant cette chronique qu’il décide de tenter d’écrire. Il quitte l’hôpital, se réfugie dans un petit cabanon à Manosque, où pendant trois ans il se consacre à l’écriture de son premier roman, Les Chemins noirs, qui paraît en 1988 et obtient le prix du roman populiste l’année suivante.
A partir de 1990, René Frégni anime des ateliers d’écriture pour les détenus dans les prisons d’Aix-en-Provence et Marseille. Lors de ces ateliers, il fait écrire les détenus sur des sujets aussi variés que le voyage, le suspense, la poésie ou la correspondance amoureuse. Grâce à l’écriture, René Frégni tente de rendre la prison un peu plus humaine avec des mots, pour leur donner une fenêtre sur le monde.

“Je continuerai à aller dans les prisons avec un café, un livre, quelques mots, et je leur dirai : « Posez vos calibres, prenez un stylo. » Tracez, comme je le fais chaque jour, un chemin singulier, évadez-vous avec des mots, construisez votre liberté, inventez chacune de vos émotions, fabriquez de la vie, dessinez les saisons. Écrivez le mot gare et montez dans un train qui n’existe pas.” (Je me souviens de tous vos rêves, Gallimard)

Ces années passées en prison seront une source d’inspiration pour ses romans de fiction en particulier Tu tomberas avec la nuit, ou Sous la ville rouge parus aux éditions Gallimard. Il est l’auteur d’une quinzaine de livres. Il vit aujourd’hui dans les environs de Manosque. Sa ville d’adoption est au centre de tous les polars qu’il écrit. Longtemps, il a vécu dans un appartement avec vue sur les toits de tuile de Manosque au cœur du centre ville.

« Deux fois par jours je descends prendre un café dans les petits bistrots de la ville, jamais les même, afin de lire mon journal tranquillement, tout en tendant l’oreille. Les gens viennent là pour exister. »

poivre d'ane
En bas de chez lui, La librairie ”Le Poivre d’âne” où, bien connu du libraire, il est interpellé par des lecteurs pour quelques signatures ou dédicaces. Quelques mètres encore et il y a le lacis des ruelles et des placettes. “Tu marches dans la vie et tu ramènes des fontaines, des histoires d’amour. Tu en fais ton miel. J’ai commencé à écrire devant un mur, à la prison militaire. Avec mes fautes d’orthographe et de grammaire. J’écrivais coquelicot, j’écrivais femme, et je les voyais devant moi. Je faisais entrer la réalité dans ma cellule. Toute la beauté de la langue est là, dans la poésie et la simplicité.” En 2016, il publie Je me souviens de tous vos rêves qui reçoit le Grand Prix Littéraire de Provence. Son dernier roman, Les vivants au prix des morts paru en 2017 aux éditions Gallimard a reçu un accueil chaleureux du public et de la critique littéraire.

René Frégni est un amoureux des mots, de la Provence et de la vie. “Presque chaque jour je pars marcher dans les collines. J’aime être seul sur les chemins.”